L’Algérie dans le monde d’aujourd’hui ?

Avec  la régression de l’Algérie   dans le classement international   pour les libertés économiques (-Wall Street Journal du 25/01/2016-), l’Algérie a besoin d’une nouvelle politique pour favoriser   la mise en œuvre d’un climat serein des affaires.  

Par Dr Abderrahmane MEBTOUL,  Professeur des Universités, expert international.

 

Face au constat négatif  de la majorité  des institutions internationales, le gouvernement algérien, loin des discours euphoriques de certains responsables économiques, contredisant la réalité,   réagira t-il   afin d’améliorer le climat des affaires?  Certes, la  révision constitutionnelle consacre plusieurs articles aux libertés   économiques.  Mais une Loi n’est qu’une loi,  fut–elle la Constitution.

Le grand problème face à une bureaucratisation croissante et à la mentalité rentière sera  l’application sur le terrain.  

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  1. La révision  de l’ensemble du dispositif de promotion des exportations hors hydrocarbures et les nouvelles mesures permettant de renforcer cette activité, sachant que ce segment des exportations ne représente que 5% des exportations globales , avec les dérivés d’hydrocarbures  et  la  cellule de suivi des exportations hors hydrocarbures  qui sera installée prochainement au niveau du Premier ministère,   seront -t- elles efficaces sans une  vision stratégique  des co-partenariats avec des groupes étrangers   contrôlant les circuits commerciaux mondiaux ?  Car selon les données officielles du gouvernement, outre la diminution du nombre d’exportateurs privés contrairement aux discours euphoriques, le  constat économique  de l’Algérie de 2015/2016 est le suivant : les exportations hors hydrocarbures ont également baissé à 2,063 milliards USD (mds usd) en 2015 contre 2,582 mds USD en 2014 (-20,1%) dont environ 70% de dérivées d’hydrocarbures et de déchets ferreux et semi ferreux.  Et environ  83% du tissu économique est constitué  de petits commerce/services et 95% du tissu productif de PMI/PME d’organisation familiales  peu initiées  au management stratégique  avec une concurrence mondiale féroce. Tout   cela pose forcément le problème des libertés économiques  afin d’avoir des entreprises algériennes compétitives en termes  de coût/qualité.  Car si la  liberté économique en Algérie a augmenté entre 1990 et 2005, elle s’est réduite  depuis.   L’indice évalue les économies sur la base de dix facteurs de  liberté économique, pondérés de façon égale : liberté d’entreprise, liberté des échanges, poids des taxes et impôts, dépenses du gouvernement, stabilité monétaire, liberté d’investissement, dérégulation financière, protection de la propriété privée, lutte contre la corruption et libéralisation du travail.
  1. En 2004 l’Algérie a été classée par Heritage  et le Wall Street Journal  100èmesur 155 pays avec une note  de 34,9 sur 100, à la 124ème place en 2005, en  2006  116ème sur 161 pays avec une note de 34,6 sur 100, en 2010  105 ème positions sur 179, avec une note de 56,9 sur 100  et en 2012 , elle a été classée 140ème sur 179 pays  avec une note de 51,1 sur 100. En 2013, l’Algérie  dans le  rapport annuel de l’indice de liberté économique établi par l’Institut Frasera été classée la 142ème position sur les 152 Etats.  Le rapport avait noté à cette  époque que les  institutions économiques algériennes ne  respectent encore trop peu les piliers de la liberté économique avec une note de 40 sur 100.  Parmi les facteurs favorisant la liberté économique, ces derniers retiennent la taille du gouvernement, la structure juridique du pays en matière de protection des biens de propriété, la valeur de la monnaie, le libre-échange avec les pays du reste du monde et la réglementation des crédits, du travail et des entreprises.  Les réformes initiées ces dernières années n’ont donc apporté qu’un léger assouplissement dans les procédures de création et de gestion d’entreprises, à en croire cet index.  Dans le rapport 2014, l’Algérie arrive à la  146 ème place   au bas du classement mondial.
  1. Le rapport qui vient de paraitre, le 25 Janvier 2016  classe les 178 pays étudiés  en 5 grandes catégories sur une échelle allant de 40 points (les moins libres) à 100 points (les plus libres) : « libres » (80-100 points), « plutôt libres » (70-79,9 points), « modérément libres » (score 60-69,9 points), « plutôt pas libres » (50-59,9 points) et « réprimant la liberté » (40-49,9 points).  L’Algérie a été  déclassée  de onze places,  la 157èmeposition sur 178 pays.  Le rapport 2015 place l’Algérie dans la catégorie des pays où la liberté économique est « réprimée » avec un score global de 48,9 points, soit 1,9 point de moins que l’an dernier.  Selon ce  rapport, l’économie algérienne a pris une trajectoire décroissante au cours des cinq dernières années, précisant que son score global reste inférieur à la moyenne aussi bien régionale que mondiale.  D’ailleurs, l’Algérie occupe le 14 ème rang parmi les 15 pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, devancée par le Bahreïn (73,4 points), l’Arabie Saoudite (62,1 points), la Jordanie (69,3 points) et le Qatar (70,8 points), la Tunisie (57,7 points), le Maroc (60,1 points), l’Egypte (55,2 points), le Yémen (53,7 points) et la Mauritanie (53,3 points).  Au niveau africain, excluant la Libye,  l’Angola est  classée à la 158ème position, le Tchad (165ème),  la République centrafricaine (166ème).  Le rapport explique le score  de l’Algérie et les pays similaires par les  lacunes en matière de la gestion des dépenses publiques qui continuent à être soutenues par le secteur des hydrocarbures et que la moitié des transactions économiques s’opèrent sur le marché informel.    Le rapport note les obstacles  majeurs à la mise en œuvre d’affaires  œuvre d’affaires qui  découragent les investisseurs dont  la bureaucratie, le  marché du travail rigide caractérisé par un taux de chômage élevé chez les jeune et  la « mainmise de l’Etat sur le marché financier »  les banques publiques ayant  octroyé 80% de tous les crédits attribués aux entreprises.

En résumé après le score négatif du Wall Street Journal, quotidien très influant dans le monde des affaires, ainsi qu’en 2015,  de  plusieurs institutions internationales  dont le récent rapport du World Economic Forum, bon nombre de rentiers accuseront encore des ennemis extérieurs de l’Algérie.  Rappelons le classement du « The Global Competitiveness 2015-2016 » qui justifie le classement de l’économie par l’inflation, l’instabilité politique et l’innovation défaillante en Algérie.  L’Algérie a perdu 7 places par rapport à la précédente édition (2014-2015), où le pays était classé 79ème et avait gagné 21 places par rapport à l’année 2013-2014 (100e).

  • Pour la taille du marché, elle a été classée 37ème,
  • Pour l’équilibre macro-économique mais l’enquête a été réalisée avant l’analyse de l’impact de la baisse des recettes de Sonatrach sur les équilibres financiers, elle a été classée 38ème place,
  • Pour l’efficacité des institutions le classement est de 99ème,
  • Pour l’efficacité des infrastructures son classement est de 105ème,
  • Pour l’enseignement supérieur/formation le classement est de 99ème,
  • Pour l’efficacité du marché des biens, 134ème,
  • Pour l’efficacité de l’éducation/santé, 99ème,
  • Pour l’efficacité du marché financier, 135ème,
  • Pour l’efficacité du marché du travail, 135ème,
  • Pour l’efficacité de l’innovation technologique, 126ème.

Or ce bilan pour l’Algérie est très loin des potentialités du pays et elles sont énormes renvoyant au mode de gouvernance.  Il s’agira pour l’Algérie, face à la chute du cours des hydrocarbures qui sera de longue durée , devant approfondir la réforme globale, les réformes structurelles, libérer l’ensemble des énergies créatrices qui seront douloureuses entre 2016/2020, supposant la nécessaire cohésion sociale(1).  Il s’agira  d’avoir une vision stratégique  et de favoriser  libertés  condition sine-qua-non de l’émergence  de véritables entreprenants déconnectés du transfert de rente,  qui devront faire face à la concurrence internationale, en ce monde impitoyable où toute Nation qui n’avance pas  recule.

L’Algérie est à la croisée  des chemins : soit réussir les réformes ou aller vers le FMI horizon 2018. Est donc posé cette problématique stratégique. Existe –il une réelle volonté politique de changement  porté par des forces sociales pour le développement des libertés économiques, sociales et politiques.  Dans  l’histoire récente de l’Algérie, la question des réformes – qu’elles soient économiques ou politiques – a donné lieu, en raison des enjeux qu’elles représentent, à l’élaboration de stratégies antagoniques qui œuvrent à la défense et à la promotion de ces dernières ou, au contraire, à leur blocage et, à défaut, à leur perversion ou à leur ralentissement.

En bref  l’Algérie sera ce que les Algériens voudront qu’elle  soit.  

Le  mal est en Nous et la guérison dépend  avant tout  des algériennes et algériens , impliquant un large Front National  sans exclusive, tolérant nos divergences  source d’enrichissement mutuel.    

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