FIFA enquête sur les travailleurs migrants du Qatar

Ultimatum de 12 mois au Qatar . . .

La FIFA enquête sur les travailleurs migrants du Qatar et pourrait remettre en question l’organisation de la Coupe du Monde 2022 au Qatar si son dossier sur le traitement des travailleurs migrants ne s’améliore pas dans un délai de 12 mois. L’Observatoire du Qatar rapporte que John Ruggie, professeur à l’université d’Harvard, a rédigé un rapport indépendant commandé par l’organe du football mondial qui présente les réformes de grande ampleur en matière de droits humains auxquelles l’émirat doit se soumettre.

La publication de ce rapport de 42 pages met en lumière de graves déficits sur la politique et les pratiques de la FIFA en matière de gouvernance mais aussi son indifférence face aux atteintes des droits de l’homme au Qatar. Il indique que la FIFA a « un long chemin à parcourir » pour que soit respecté son « engagement initial en matière de droits humains ».

Ce rapport rappelle que l’Organisation internationale du Travail (OIT) a récemment donné au Qatar un délai de 12 mois pour mettre fin à l’exploitation des travailleurs migrants. Faute de quoi, le pays fera l’objet d’une commission d’enquête en mars 2017. Près d’un siècle après la naissance de l’OIT, cette procédure n’a été appliquée que 13 fois et dans des cas de manquements graves aux droits des travailleurs.  

Amnesty International a de son côté réagi au rapport Ruggie en ces termes : « les travailleurs migrants au Qatar ne peuvent plus attendre. Ils ont besoin maintenant d’une protection de leurs droits humains ». L’organisation de défense des droits de l’homme ajoute que « la FIFA pratique la politique de l’autruche en ce qui concerne les abus commis au Qatar depuis plus de cinq ans. Elle préfère déclarer à la face du monde que les autorités qatariennes vont régler les problèmes. Il n’en est rien, et à présent seule une action concertée de la FIFA visant à empêcher les abus sur les sites de la Coupe du monde permettra de sauver l’âme de la Coupe du monde Qatar 2022 ».

Le 31 mars dernier, Amnesty International a rendu public un rapport exposant des abus commis contre des ouvriers des chantiers de construction du Khalifa international stadium à Doha.  La FIFA a réagi avec une certaine indifférence face à ces abus, qui, dans certains cas, relevaient « du travail forcé». Le rapport est basé sur des entretiens réalisés entre février 2015 et février 2016 auprès de 234 travailleurs migrants venus principalement du Bangladesh, d’Inde et du Népal qui constituent les plus gros contingents de la force ouvrière nationale. Le rapport révèle que 228 personnes ont assuré que leurs salaires étaient inférieurs à ce qu’on leur avait promis avant de partir dans l’émirat et que d’autres ouvriers ont pâti de retard de paiement de leurs salaires de plusieurs mois. La plupart des travailleurs ont en outre vu leurs passeports confisqués et ce, en violation de la loi qatarie, précise encore Amnesty.

Devant l’émoi suscité auprès des médias internationaux suite à ces nouvelles révélations, le travail de l’ONG est susceptible de provoquer encore plus de controverses et de critiques envers le Qatar et de mettre la pression sur la FIFA. En conclusion de leur propos, les rédacteurs accusent en effet l’organisation gérante du football mondial d’un« manque d’action significative ».

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